« Là bas, en face, il y a le parc Stromovka. Tu iras de temps en temps te promener pour moi, dis ? J’ai tellement aimé ce bel endroit. Peut-être si tu regardes dans l’eau sombre des étangs, peut-être qu’un beau jour tu y apercevras mon visage. » _Austerlitz p. 248

 

 

 

Musique : Jérôme Combier

Scénographie : Pierre Nouvel

Création lumières : Bertrand Couderc

Mise en scène : Jérôme Combier / Pierre Nouvel

Comédien : Johan Leysen

Instrumentistes : Ictus, 6 musiciens (clarinette, trombone, piano préparé, violon, alto et violoncelle + percussions ajoutées)

Direction musicale : Georges-Elie Octors

jérôme combier | pierre nouvel

looking for sebald

 

(propos de Jérôme Combier)

 

sur le dispositif

D’une part, c’est la mise en espace — une scénographie un peu cinématographique — d’une bande son imaginée a priori. La bande son d’un film à laquelle ne préexiste aucune image.

D’autre part, c’est l’enquête à propos d’un livre, de son personnage unique et de son auteur : Jacques Austerlitz et W.G Sebald

Sur cette scène : un comédien et 6 musiciens (et un chef). Un dispositif scénique et vidéo, une installation sonore stéréo (4 haut-parleurs).

Une équipe de travail, disons une compagnie : l’ensemble Ictus, un scénographe-vidéaste (Pierre Nouvel), un créateur lumière (Bertrand Couderc), un compositeur (Jérôme Combier) et un comédien bilingue français/allemand (Johan Leysen).

 

enquête préalable

En amont, le projet suppose un déplacement, un parcours dans plusieurs pays d’Europe qui serait comme une enquête, un collectage d’images et de sons. Pierre Nouvel et moi-même comptons nous rendre sur les lieux décrits par le livre, si possible de manière linéaire (depuis la Belgique jusqu’en Allemagne en passant pas le Pays de Galles, Londres, Prague), manière autre de procéder à l’intérieur du livre et de se confronter à ses énigmes.

Qui est Jacques Austerlitz ? A-t-il seulement existé ? et d’où proviennent exactement toutes ces photographies qui parsèment le livre comme pour attester de la véracité des propos du personnage, aussi peut-être avant tout pour créer cette étrange proximité avec lui ?

 

l’histoire d’Austerlitz

 

sebaldjpg
W.G Sebald

 

 

 

Digressions de Bruxelles à Londres

Archives et photographies

Prague

L'énigme de son père

 

Les premières rencontres de Sebald et Austerlitz ont lieu au cours de l’année 1967, à plusieurs reprises, dans divers lieux de Belgique : la salle des pas perdus de la gare d’Anvers, quelques jours plus tard, à Liège dans un estaminet du quartier industriel, à Bruxelles, cette même année, sur les marches du Palais de justice. Le livre de Sebald se décline selon le rythme (et les lieux) de ces rencontres étrangement toujours fortuites : Bruxelles, Zeebrugge, Londres surtout où vit Austerlitz. Peu à peu, dans le cours de ces discussions pleines de digressions le portrait d’Austerlitz se fait jour.

Jacques Austerlitz est historien, chargé de cours dans un institut d’histoire de l’art londonien, spécialisé dans l’histoire de l’architecture notamment celles des gares. Il a pour habitude alors de photographier ces lieux d’études à l’aide d’un vieil appareil, un Ensign à soufflets, ce qui explique alors les nombreuses photographies qui jalonnent le livre.

A partir de 1975, les deux hommes perdent contact, mais se retrouvent en 1996 toujours fortuitement au Great Eastern Hotel de la Liverpool Street, à Londres. Dès lors, le narrateur rendra régulièrement visite à Austerlitz, dans sa maison d’Alderney Street, dans le quartier de l’East End. A partir de ce moment, Austerlitz se met à raconter plus précisément sa vie et les deux narrations — celle de Sebald racontant cette rencontre et celle d’Austerlitz narrant les événements de sa vie à Sebald précisément — tendent alors à se confondre l’une l’autre.

 

Quelques événements de la vie d’Austerlitz :

L’enfance au pays de Galles, à Bala, dans une famille adoptive, la maison d’un prédicateur de confession protestante. Puis la découverte de son véritable nom, non plus Dafydd Elias mais celui-là Jacques Austerlitz, alors qu’il est étudiant à Oxford et que ses parents adoptifs sont décédés. Quelques jours de vacances passées à Barmouth sur la côté galloise. Puis, la recherche de ses origines qui le conduit à Prague où il apprend être né avant 1939. L’énigme de son père qui a fui le régime nazi en France, celle de sa mère, mais dont il apprendra qu’elle fut déportée à Tréblinka. Les retrouvailles d’Agatà l’ancienne voisine de la rue Sporkova. Son parcours qui fut le sien, enfant quand sa mère décida d’envoyer son fils dans un transport d’enfants hors de Prague, à destination de Londres, alors que l’Allemagne nazie s’apprête à envahir la Tchécoslovaquie.

Ce qui est troublant dans ce récit, ce sont les témoignages visuels que nous fournit Sebald, des photographies de lieux, mais également de personnes : Austerlitz lui-même enfant, une photographie de sa mère, celle de son ami Gerald Fitzpatrick…

Austerlitz a-t-il seulement existé ? et si non, qui sont donc ces personnes ? Comment sont-elles parvenues jusqu’à Sebald ? Qui a pris ces photographies dont on nous dit qu’elles font parties des « archives personnelles de l’auteur ».

 

 

Le sujet premier de ce projet est certainement la mémoire dans sa concomitance avec l’oubli. Une grande partie des lieux évoqués sont chargés d’une histoire qui tend à s’effacer : le Fort de Breendok , la maison de Barmouth où, adolescent, Austerlitz passa quelques étés, la ville de Theresienstadt peuplée de fantômes… mais dont la trace subsiste pourtant de par le fait même de les évoquer, de les nommer, les décrire.

Austerlitz, lui-même historien, voit son passé dérobé à sa mémoire. Il apprendra plus tard que nul ne sait ce que fut devenu son père et que sa mère a disparu dans l’oubli de l’Histoire, après Theresienstadt. Et puis il y a toutes ces personnes photographiées dans le livre dont on ne peut que mesurer, comme par réfraction, leur effacement dans l’oubli.

Le second sujet est l’errance (là aussi entre mémoire et oubli) à travers plusieurs pays d’Europe et à travers plusieurs langues (les deux hommes, le narrateur et Austerlitz, conversent tout d’abord en français puis en anglais, le livre est écrit en allemand). Dans le prolongement de cette idée, s’ouvre une réflexion sur le hasard (celui qui fait se rencontrer plusieurs fois Sebald et Austerlitz) et sur l’espace vide (celui des villes où se perd Austerlitz) qui me retient particulièrement.

 

Contre enquête

Il sera question de se retrouver les lieux du livre, de capter quelques images (Pierre Nouvel donc) des ces lieux : Hall de gares, Palais de justice, quelques paysages du Pays de Galles, quelques rues de Prague (le 12 de la rue Sporkova), quelques rues de Londres, des cafés. Il sera également question d’enregistrer l’ambiance sonore propre à ces lieux, des acoustiques et peut-être la parole de quelques uns.

 

Les voix

Le comédien incarnera plusieurs voix. Cela reste à déterminer, car il y a d’une part la langue originale du roman, l’allemand, et d’autre part la langue dans laquelle les deux personnages, Jacques Austerlitz et le narrateur, communiquent tout d’abord en français, puis à partir de 1996 en anglais.

 

Les Lieux

Sur les traces de Sebald/ Austerlitz il y a les pays suivants, possiblement les lieux suivants :

Belgique : Le hall de la Centraal Station d’Anvers / le quartier industriel de Liège / le Mont de la Potence à Bruxelles (le Palais de justice). Zeebrugge (promenade et ferry)

Grande-Bretagne : Londres (Bloomsbury), Londres (Greenwich park), Londres (Alderney Street Pays de Galles les noms étranges de Bala mais aussi Llanwddyn, Vyrnwy, Abertridwr

Tchécoslovaquie : Prague (un hôtel sur l’île de Kampa), les Archives d’état de la Karmelitskà , le 12 de la rue Sporkova, le parc Stromovka.

Allemagne : les rues de Theresienstadt.

France : Paris (bistro Le Havane boulevard Auguste Blanqui), Paris (rue Barrault)

 

un passé qui se dérobe

 

seb

 

 

Mémoire, errance

I

 

scénographie

 

 

Un triple espace

Hologrammes

 

 

Proposition faite à Pierre Nouvel : trois espaces

1/Un long écran, rappelant un écran de cinéma sur lequel seront projetées des images filmées par Pierre Nouvel, rapportées des lieux visités et qui ont abrités les présences de Sebald /Austerlitz : quartier industriel de Liège, Greenwich park à Londres, l’immeuble au numéro 12 de la rue Sporkova à Prague. Ces images seront rétro- projetées.

2/ Un espace pour les musiciens à déterminer, à court ou à jardin, ou bien peut-être si faire se peut dans l’axe central, derrière l’écran.

3/ Un espace virtuel, un entre-deux, devant l’écran où évoluera le comédien soit sous la forme fantomatique d’hologrammes projetées — lui se trouvant hors scène et filmé en temps réel — soit de manière bien « vivante ».

 

Renseignements :

Jerry Aerts, deSingel (Antwerpen), directeur,
Lukas Pairon, directeur d'Ictus,
Editions Lemoine, Benoît Walther, + 33 1 56 68 86 74,
 

>ictus website | >NL version

 

une enqu

 

 

Mise en espace de la bande-son d'un film imaginaire

L

D

E

Sanstitre

8